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16/06/2017

On est en 2017, et bien ironiquement je finis toujours par revenir ici. Parfois je relis mes anciens posts et si je trouve certains très infantiles, d'autres me touchent encore. Ils sont toujours d'actualité, toujours vrais, et c'est dur à assumer. Presque 10 ans ont passé depuis mes premiers posts ici, et j'ai l'impression qu'à part quelques changements par-ci par-là, ma vie n'a subi aucune évolution. Je suis toujours au point mort, coincée sur cette putain de case départ qui ne cesse de se présenter à chaque tour. Et chaque tour ressemble au précédent. Un cercle vicieux infini tant qu'on continue de jeter le dé.
 
Aujourd'hui, si je suis revenue, c'est parce que j'ai plus ou moins réussi à mettre des mots sur mes maux. A comprendre ce qui n'allait pas, sans vraiment le comprendre vraiment. Ça m'a frappée quand j'ai regardé "Les Noces Rebelles". Comme quoi, il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de l'Art, quel qu'il soit. Pour certain il n'est qu'un divertissement, et pour d'autres, comme moi, c'est une véritable porte ouverte vers la compréhension de ma vie et de mes émotions.
Je me suis reconnue dans chacune des paroles de Kate Winslet, je me suis sentie terriblement comprise par son personnage, et maintenant je suis en pleurs. Parce que ce film est un drame, et que le seul échappatoire de Kate a été de se donner la mort. Je me pose des questions sur quoi faire, encore et toujours. Et j'en reviens comme d'habitude à me demander pourquoi je suis encore là.
J'ai compris en voyant ce film pourquoi j'étais comme ça. Pourquoi rien autour de moi ne m'attirait, pourquoi je n'avais aucune passion, aucun but. J'ai compris que c'était parce que je ne me sentais pas Moi. Je me suis dit, bercée par la bande originale, que je me sentais enfermée dans un corps, coincée dans une vie qui n'était pas la mienne. Pas la bonne. J'ai toujours rêvé d'être ailleurs, dans un autre pays, à un autre âge, dans une autre situation. Et beaucoup diraient que rien ne m'empêche de partir, pourtant tout me retient ici contre mon gré. La société et ses inventions futiles me retiennent.
Je n'ai pas l'argent pour me permettre de partir comme ça du jour au lendemain. Je n'ai pas l'expérience qui me permettrait d'avoir un job dans un autre pays, ni les diplômes qui m'ouvriraient la porte vers ces expériences. Je n'ai pas la connaissance nécessaire pour pouvoir survivre dans un autre pays. Et j'ai une famille qui m'a sur-protégée et donc un peu maudite.
 
J'ai l'impression que jamais je ne pourrai m'évader vers ma vraie vie, celle qui m'attend peut-être quelque part, ailleurs. J'ai l'impression que je serai obligée de me ranger comme tous les autres. Mais à l'intérieur de moi, je hurle. Je hurle parce que je mérite mieux que ça. Nous méritons tous mieux que toute cette merde qu'ils ont construite autour de nous. Un boulot, une maison, une famille, un mariage. Ce n'est pas une vie, c'est une prison. C'est une lobotomisation. Et je refuse de devenir un des soldats de notre société. Je refuse de devenir l'esclave de cette vie pourrie qu'ils nous offrent comme si c'était un rêve.
Pourtant il va falloir que je rentre dans les rangs, pas vrai ? Que faire d'autre ? Si je ne finis pas comme les autres, je ne finirai pas du tout. Pour beaucoup c'est un acte de lâcheté, pour moi c'est le symbole d'un grand courage. Mais ce n'est pas pour ça que c'est une solution à envisager. Pas dans l'immédiat, même si je ne vois honnêtement rien d'autre qui m'aiderait pour le moment.
 
J'ai peur de mes pensées, de tout ce qui se passe à l'intérieur de moi. Parce que, comme dans ce film, quand je veux m'exprimer, j'ai l'impression d'être folle. Je suis folle. Folle de penser qu'il existe une vie meilleure au-delà de celle-ci. Folle de penser que la rébellion est le chemin de la liberté. Folle de penser autrement que les Autres. Mais les fous sont les philosophes de demain. Les fous sont ceux qui ont fait changer le Monde, n'est-ce pas ? Il n'y a rien de mal à être différent. Pourtant aujourd'hui, pour moi, être différente fait mal.